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Les ancêtres du panda
POUR
EN
SAVOIR
PLUS
<1>
A LIRE : Le Père Armand David,celui qui a révélé
au monde occidental l'existence du panda.
<2>
A LIRE : Fiche d'identité du panda.
Le panda
forme une famille à part. Sa classification complète, depuis le règne
jusqu'aux sous-espèces, est précisée dans la fiche d'identité.
<3>
A LIRE : Le panda roux, un cousin du panda.
<4>
A LIRE : Répartition passée et actuelle du panda.
<5>
A lire :
Actualité :
19
Juin
2007 : Découverte en Chine d'un crâne du plus vieil ancêtre du panda géant
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Le panda était déjà connu depuis des millénaires dans l’Orient mystérieux
lorsque son existence fut révélée au monde occidental.
Des textes chinois du
XII° au VII° siècle avant Jésus-Christ en font mention. Au II° siècle
avant Jésus-Christ, l'historien Sima Qian rapportait qu'il y a quatre mille ans
l'Empereur jaune dressait des pandas pour les batailles. Un dictionnaire de
la Dynastie Qin, l'Er Ya, daté de 220 avant Jésus-Christ, fait mention de
l'animal appelé mo. Un livre ancien de géographie,la "Description des
montagnes et des fleuves", premier traité de géographie chinois vieux de
plus de 2700 ans, le décrit comme “un animal noir et banc qui ressemble à un ours, se
nourrit de cuivre et de fer et vit dans les montagnes de Qionglai, dans le
district de Yandao”, cela à cause de la réputation qu’il avait de
lécher et de mordiller les ustensiles de cuisine dans les villages.
Durant
la Dynastie des Han de l'Ouest (206 avant Jésus-Christ à 24 après
Jésus-Christ), l'empereur aurait détenu un panda dans ses jardins de Xian.
Dans cette même ville, Xian, lorsque l'impératrice Bo, de la Dynastie Han,
mourut, on enferma un crâne de panda dans sa tombe. Sous les Jin, au III°
siècle, il était symbole de paix, car il ne mangeait pas d'êtres vivants :
lorsque deux armées s'affrontaient, si l'une d'elle dressait un étendard en
représentant un, l'armistice était déclaré. Tang Taiconq, le premier empereur de la Dynastie Tang (618 à 917
après Jésus-Christ) aurait donné des peaux à quatorze de ses sujets en
témoignage d'estime et l'impératrice Tang Wu Zetian aurait envoyé deux spécimens vivants de pandas au Japon
comme marques d'amitié, un geste qui ne fut plus répété par la Chine avant
les années 1950.
Au
cours des années, il a été tour à tour surnommé Pi Xiu, Mo, Meng Shi Shou
(bête de proie), Bai Bao (léopard blanc) et Shi Tie Shou (mangeur de fer), uis
Daxiongmao (grand ours-chat), ou encore ours Hua, ours bambou, chien argenté et
raton laveur.
Pourtant,
en dépit de cette connaissance ancestrale et l'aspect spectaculaire du panda,
l'existence de l'animal demeura longtemps entourée d'un profond mystère. Les
parchemins chinois abondent en représentations de tigres, de grues, de tortues
et d'autres animaux auxquels étaient attribuées des valeurs spirituelles, mais
le panda n'y figure jamais. Il fallut en fait attendre
la moitié du XX° siècle pour voir des représentations de l'espèce dans les
oeuvres d'art chinoises.
Pour les savants européens, le bei-shung (“l’ours blanc”) resta un
mythe jusqu’au 11 mars 1869 quand un missionnaire et naturaliste français, le père
Armand David, fut le premier occidental à voir un panda et donner la
description de deux femelles, une adulte et un jeune (qu'il avait obtenu de ses
chasseurs). Rien d’étonnant
à ce qu’il identifia “le plus joli animal que je connaisse” comme une
sorte d’ours qu’il baptisa Ursus melanoleucus (“ours noir et blanc”), et
dont il envoya peau et squelette au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris.
Mais le professeur Alphonse Milne-Edwards après avoir longuement examiné les
os et la dentition de l’animal, conclut à sa parenté avec le raton laveur et
le reclassa Ailuropoda melanoleuca (“panda noir et blanc”). A partir de ce
jour se déchaîna une controverse qui a duré jusqu'au XX° siècle.
Pendant des années, la communauté scientifique dans son ensemble
accepta le panda géant comme un “raton laveur aberrant”. Après tout, il y
a des millions d’années, il avait évolué, avec le petit panda ou panda doré,
à partir d’un ancêtre carnivore commun ; or l’ancêtre du petit panda était
solidement classé dans la famille des ratons laveurs. On les avait groupés
dans la même famille en raison des grandes affinités du squelette, de la
dentition, des organes génitaux et du pelage. Milne-Edwards avait avancé que
l’apparence du panda géant ne représentait qu’une trace d’un ancêtre
commun à l’ours et au raton laveur. Certains zoologistes considéraient que son
comportement et sa biologie faisaient du grand panda un membre de la famille des
ratons laveurs ; d’autres suggéraient un classement différent.
En 1964, D. Dwight Davis, conservateur du département Mammifères au
Field Muséum d’histoire naturelle de Chicago, publia une monographie
classique démontrant que le panda était un ours modifié, qui avait acquis des
caractères hautement spécialisés. Son analyse se fondait sur une étude
comparative détaillée des systèmes organiques. Les différences entre ours et pandas observées par Davis résidaient
principalement dans la taille, supérieure chez le panda, et dans la puissance
de la dentition et des muscles faciaux adaptés pour broyer les pousses
fibreuses de bambous, qui forment la nourriture essentielle de l’animal à
l’état sauvage. A leur tour, les épaules et les membres antérieurs se sont
modifiés, donnant au panda cet aspect lourdaud et cette allure “à
l’amble” caractéristique. L’animal ne se déplaçait pas bien et sans doute
n’y était-il pas contraint, car durant la plus grande partie de son histoire,
il vécut dans un environnement sans prédateur, si bien qu’il ne cherchait
jamais à y échapper. Selon ses conclusions, les
affinités entre le grand et le petit panda résultaient davantage d’une évolution
vers des fonctions semblables que d’une ascendance commune ; en revanche, sur
le plan généalogique, ils n’étaient pas des proches parents. Selon Davis,
quelques alternances génétiques mineures auraient donné naissance à un panda
au lieu d’un ours, et les similitudes biologiques l’emporteraient de loin
sur les différences.
Malgré l’étude apparemment définitive de Davis, il fallut attendre
plus de 20 ans pour que les scientifiques démontrent de façon convaincante ou
acceptent cette théorie. Au milieu des années 1980, une équipe de généticiens
conduite par Stephen J.O'Brien, coprésident du comité international de la
"Comparative Gene Mapping" (“carte comparative des gènes”), procède à une série
d’expérience sur le grand panda et l’ours. Ils utilisèrent les mêmes
techniques qui avaient servi à déterminer les liens de parenté avec un petit de Ling-Ling
né à Washington. Leur critère se fondait sur une
comparaison du nombre et de la forme des chromosomes et sur la capacité des
systèmes immunitaires de ces animaux à accepter ou à rejeter des tissus étrangers.
Le fait que les ours possèdent 74 chromosomes et les grands pandas
seulement 42 semblait contredire une étroite parenté, mais les chercheurs découvrirent
que les chromosomes plus courts de l’ours avaient fusionné pour former les
chromosomes moins nombreux et plus longs du panda. En attendant,
les chromosomes de seulement deux petits pandas révélèrent avoir des
contre-parties soit chez l’ours soit chez le grand panda, tandis qu’il y en
avait 14 présentant une structure commune avec les ratons laveurs. On découvrit
également que les familles de l’ours et du raton laveur se séparèrent sur
l’arbre de l’évolution; il y a plus de 40 millions d’années, tandis que
les pandas géants se différencièrent des ours il y a seulement 22 à 25 millions
d’années.
Aujourd'hui,
il est confirmé et admis que le panda appartient à la famille des ours.

Cet
arbre phylogénétique montre que le panda s'est séparé des autres ours il y a
environ 22 millions d'années. Les ours se sont quant à eux séparés des
ratons laveurs il y a plus de 40 millions d'années.
L'immense
majorité des fossiles qui furent découverts étaient des fossiles de pandas
modernes vieux de deux millions et demi d'années et provenant d'Asie de l'Est.
Les
fossiles de pandas découverts en Europe sont extrêmement fragmentaires. Il
s'agit, de plus, de formes fossiles anciennes datées d'une vingtaine de
millions d'années, dont l'interprétation demeure sujette à caution : des
espèces aussi vieilles sont généralement très différentes de celles connues
à l'heure actuelle, et souvent difficiles à rapporter à un genre
contemporain.
La plus
ancienne découverte, faite en Grèce, consiste en une quinzaine de dents
appartenant à un même individu. Des paléontologues de Prague en ont fait
l'étude, et, s'il s'agit avec certitude de celles d'un carnivore, nous ne
savons pas véritablement si elles appartiennent à un ancêtre ou à un
lointain cousin du panda. Des prémolaires (P4) vieilles de seize millions
d'années ont ensuite été découvertes en France dans les gisements
burdigaliens de la Grive-Saint-Alban et de Bézian, et décrites par Léonard
Ginsburg, sous-directeur de l'institut de paléontologie du Muséum National
d'Histoire Naturelle de Paris. Les caractères qui permettraient de rapprocher
ces fossiles du panda sont ténus, étant donné la nature du matériel ; il
s'agirait plus probablement de mangoustes primitives.
En
1989, les données se précisent. Dans le Yunnan, au sud de la Chine, sont
exhumées des molaires supérieures et inférieures et en excellent état,
datant du miocène supérieur, d'un ancêtre du panda, dont les
caractéristiques primitives les rattachent à un ancêtre de l'ours moderne,
prouvant donc que le panda est beaucoup plus proche de l'ours que du raton
laveur.
Le
panda acquiert sa forme actuelle il y a deux millions et demi d'années, au
début du pléistocène. Il pèse alors 45 kg, soit la moitié d'un adulte
actuel, et vit dans les forêts tropicales pluvieuses. Il y a un million
d'années, il s'installa dans des régions plus montagneuses et atteignit
environ son poids actuel. Il y a 600 000 ans, il
commence à prospérer. On le trouve alors dans le sud, le centre et le
sud-ouest de la Chine : des fossiles ont été découverts sur un territoire
allant du nord-ouest du Myanmar (ex-Birmanie) au sud de Pékin.

Simulation
d'une scène du Pléistocène où vivait l'ancêtre du panda (faune Stegodon
sinensis Owen).
© Base
de Chengdu, Chine.
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