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Réintroduction > Un centre d'adaptation à la vie sauvage en construction - Pandas sauvages > Un bébé panda marron et blanc découvert dans les Monts Qinling - Naissances 2009 > 1 bébé en Thaïlande, 1 à San Diego, 23 en Chine - Australie > Des pandas attendus à Adélaïde le 28 novembre - L'après-séisme > 2 nouveaux centres à Wolong - Autriche > Fu Long a quitté Vienne le 18 novembre et est bien arrivé en Chine

GALERIE PHOTOS SPECIALE - BEBES DE L'ANNEE 2009

 

 

 

MENU

1. Menaces

   
1.1. Perte
 d'habitat

   
1.2. Fragmentation         
 et isolement          des populations  

   
1.3. L'homme et le
           
panda

2. Solutions

   2.1. Cohabitation
         
homme / panda

   2.2. Protection et
          surveillance de
        
l'habitat

   2.3. Réintroduction

    2.4. Une solution
        
abandonnée :
        
Le clonage

3. Avenir

 

 

 

 

POUR EN
SAVOIR
PLUS

<1>
A LIRE : Fiche "liste rouge" du statut du panda publiée par l'IUCN.

Le panda est inscrit sur la liste rouge des espèces menacées publiée par l'IUCN (Union mondiale pour la nature). Cette liste constitue la source d'information faisant le plus autorité dans le monde sur le statut des plantes et des animaux.

 

<2>
A LIRE : Fiche "CITES" du statut du panda.

Le panda est classé en Annexe 1 de la CITES. Le commerce concernant l'espèce ou les produits dérivés de l'espèce est très strictement réglementé par les États membres (ou Parties), toute transaction à des fins purement commerciales étant totalement proscrite.

La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, connue par son sigle CITES ou encore comme la Convention de Washington, est un accord international entre États. Elle a pour but de veiller à ce que le commerce international des spécimens d'animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent.

 

<3>
A LIRE : Liste des principales réserves de pandas en Chine.

 

<4>
Le site du WWF International :
www.panda.org

 

<5>
A LIRE : L'élevage en captivité, une méthode de conservation.

 

 

Il y a 3 millions d'années, le royaume du grand panda s'étendait de l'est de la Chine au nord de la Birmanie. Aujourd'hui, cet habitat est réduit aux monts Qinling au Shaanxi, et aux monts Minshan, Qionglai, Liangshan et Xiangling au Sichuan.

En 2004, un nouveau recensement a permis de dénombrer 1600 pandas à l'état sauvage, soit 40% de plus que le comptage réalisé en 1980. Ces nouveaux résultats font suite à une étude de 4 ans sur le panda et son habitat, étude menée conjointement par le WWF et l'Administration d'État chinoise des forêts.

Cette même étude a également fourni aux scientifiques des informations précises sur la répartition des pandas et l'état des forêts de bambous dont ils dépendent. Le recensement a permis de découvrir la présence de pandas dans des secteurs où l'on pensait l'espèce absente mais il a aussi pointé des menaces sur la survie à long terme des pandas, plus particulièrement la déforestation et la poursuite du braconnage.

Après un état des lieux des menaces qui pèsent encore sur la survie du panda, nous verrons quelles solutions sont envisagées pour renforcer la protection de l'espèce.

 

1. Menaces

En dépit du succès des programmes de conservation de l'espèce ces dernières années, des problèmes persistent.

Les facteurs principaux contribuant à la perte d'habitat et à sa fragmentation, soit la menace la plus importante qui pèse sur le panda, sont :
        - la conversion des forêts en zones agricoles.
        - la collecte de plantes médicinales.
        - la moisson du bambou.
        - le braconnage.
        - les activités de développement à grande échelle telles que la construction de routes, le développement hydro-électrique et les activités minières.

Le commerce illégal de la vie sauvage ainsi que le phénomène de mort naturelle du bambou constituent également une menace.

Enfin, en raison de la croissance et de la densité importantes de la population chinoise, de nombreuses populations de pandas se retrouvent isolées dans des ceintures de bambous étroites ne dépassant pas 1,2 km de largeur.

 

            1.1. Perte d'habitat

Le bambou, source de nourriture unique du panda, se développe seulement entre 500 et 3100 mètres d'altitude et une paire de pandas nécessite au minimum 30 km² d'habitat.

Une grande partie de l'habitat initial du panda a disparu au profit de zones agricoles si bien que la majeure partie de l'habitat est maintenant confiné au-dessus de 1400 mètres d'altitude. Cet habitat restreint doit par ailleurs subir la pression des activités humaines.

Une surface importante de l'habitat montagneux du panda, riche en bambou, a également disparu avec l'exploitation forestière. Dans la seule province du Sichuan, il s'est rétréci de 50% entre 1974 et 1989. Le gouvernement chinois a banni l'exploitation forestière dans l'habitat du panda en 1998.

Enfin, de grands espaces naturels forestiers dans l'habitat du panda ont été dégradés par la récolte de bois de construction, l'agriculture, la récolte de bois pour le chauffage et la cuisine, la construction d'infrastructures permettant de faire face à la croissance de la population et par le développement de l'hydro-électricité.


Avec l'exploitation forestière, de larges espaces dans l'habitat du panda ont été perdus © WWF

 

        1.2. Fragmentation et isolement des populations

L'habitat du panda est cassé en 20 poches isolées dispersées dans les provinces du Shaanxi, du Gansu et du Sichuan et de nombreuses populations de pandas sont isolées dans des ceintures étroites de bambous ne dépassant pas 1 000 à 1 200 mètres de largeur.

Dans ces fragments d'habitats, un réseau de réserves naturelles offre une protection renforcée pour une grosse moitié de la population totale de pandas.

Cependant, les pandas ne pouvant pas migrer entre ces blocs d'habitats, ils ont moins de flexibilité pour trouver de nouvelles zones d'alimentation lors des épisodes périodiques de mort du bambou. Rappelons que ce phénomène se produit tous les 15 à 120 ans selon les espèces de bambous.

Par exemple, en 1983, les bambous ont fleuri massivement. Or, ces curieuses graminées ne fleurissent qu’une fois, puis elles se dessèchent et meurent. Ensuite, il faut attendre des mois, parfois des années, pour que les nouvelles pousses, surgies de terre, forment une nouvelle bambouseraie. Par exemple, tous les bambous flèches du monde fleurissent à 60 ans. Puis ils se dessèchent. Les nouvelles pousses n’apparaissent que 5 ans plus tard. C’est pourquoi des pandas furent retrouvés à 3500 m d’altitude, mourant de faim. Transportés dans des réserves, ils récupérèrent leurs forces grâce à de grosses gamelles de porridge, des pommes, des carottes et de bonnes rations de bambous.

Pour en savoir plus : Cycle du bambou et conséquences pour le panda

Cette fragmentation du territoire rend également plus difficile la reproduction. Rappelons que les femelles ne sont en chaleur que deux ou trois jours par an et qu'elles sont solitaires. Elles doivent absolument trouver un partenaire pendant ce court laps de temps. Or plus les populations sont isolées entre-elles, plus cette recherche devient difficile et plus la rencontre entre adultes reproducteurs est rare.

C'est ainsi que les petites populations isolées font également face au risque de consanguinité (les individus qui se croisent ont un lien de parenté), ce qui aboutit peu à peu à un appauvrissement génétique entraînant ainsi une résistance amoindrie aux maladies, une plus faible adaptabilité aux changements environnementaux et des problèmes liés à la reproduction.

Ce phénomène est à relativiser tout de même. En effet, une étude menée récemment, qui fit appel à différentes techniques d'identification génétique, analysa la diversité des gènes au sein de trois groupes de pandas sauvages dans les montagnes de Qinling, Minshan et Qionglai. L'étude avait également pour objectif de vérifier si des preuves de séparation génétique récente pouvaient être mises en évidence. D'un point de vue strictement génétique, les résultats de cette étude sont plutôt rassurants, puisqu'ils ont indiqué que les pandas ont conservé jusqu'ici la majorité de leur diversité génétique dans chacun des groupes considérés.

Cependant, la consanguinité pourrait devenir un problème sérieux si la fragmentation de l'habitat devait se poursuivre.

Enfin, la mortalité élevée des bébés, qui ne pèsent que 100 grammes environ à la naissance, est un facteur aggravant.

Il est donc indiscutable que la probabilité d'extinction du panda est accentuée si les populations de pandas restent isolées les unes des autres.

 

        1.3. Pandas et populations humaines, des besoins souvent contradictoires

Des peuples ont partagé pendant des siècles l'environnement avec les pandas et se sont limités aux ressources naturelles de leur secteur pour leur survie. Avec la croissance démographique, de nombreuses activités humaines en opposition avec un développement durable ont sensiblement érodé l'habitat du panda.

Des millions de personnes vivent à l'intérieur et autour de l'habitat du panda dont un bon nombre dans les villes de Xi'an et Chengdu. Avec l'augmentation des activités économiques, de plus en plus de personnes continueront à se déplacer, ajoutant ainsi un peu plus de pression sur un écosystème déjà affecté.

 

Développement économique et touristique

Quand l'exploitation forestière a été interdite dans l'habitat du panda en 1998, de nouvelles menaces ont émergé. L'activité minière, le développement de l'hydro-électricité et le tourisme ont augmenté pour compenser la perte de revenus due à l'interdiction de l'exploitation forestière.

Ces activités, auxquelles s'ajoutent l'agriculture et la construction de routes, ont remplacé l'activité commerciale liée à l'exploitation forestière comme principales menaces portées aux forêts et à la faune dans le secteur.

 

Des réserves naturelles inefficaces...

Malgré un nombre important de réserves naturelles dans l'habitat du panda, les programmes de gestion étant quasi-inexistants dans le passé, l'intégrité écologique de ces secteurs a continué à diminuer en raison notamment de l'exploitation forestière illégale et du braconnage.

En effet, la plupart des réserves manquent d'objectifs clairs et précis en ce qui concerne la conservation de la nature. Les standards de gestion dans les "bonnes" réserves sont souvent statiques, et les infrastructures existantes souvent déficientes.

Un manque de connaissance sur la conservation de la nature, de même qu'un manque de moyens pour mettre en pratique à tous les niveaux les politiques adoptées, sont les causes profondes expliquant la gestion déficiente dans les réserves. Les tâches sont souvent attribuées sans qu'il soit tenu compte de l'intérêt ou de la motivation des agents concernés. La formation est souvent inexistante, et en général peu appropriée.


Coupes illégales dans la réserve de Wolong, Sichuan, Chine. © WWF

 

...menant à des récoltes illégales...

Dans les monts Minshan, il y a plus de 5000 espèces de plantes et 75% sont utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise. Ces montagnes abritent également 300.000 personnes, qui pour la plupart sont pauvres, et qui comptent beaucoup sur la collecte de plantes médicinales pour augmenter leurs revenus. Cette récolte perturbe l'habitat du panda et conduit à l'extinction des espèces locales de plantes.

 

...et au braconnage

Le braconnage de pandas existe toujours et même s'il reste faible, il peut avoir des conséquences graves pour une espèce en voie de disparition. Les braconniers encourent une peine de prison de 10 ans et bien qu'il soit rare que des braconniers tuent intentionnellement un panda, les pandas se trouvent blessés ou tués dans des pièges prévus pour d'autres animaux comme le cerf porte-musc ou l'ours noir.

En 1988, les autorités chinoises ont récupéré les peaux de 46 pandas géants dans la province du Sichuan et enquêté sur 115 transactions illégales concernant des peaux de pandas. Plus de 70 pièges furent détruits sur le flanc d'une seule colline par les gardes de la réserve naturelle de Wolong au cours d'une patrouille de l'année 1992. Après l'entrée en vigueur du moratoire sur l'abattage des arbres en 1998, on constata une recrudescence du braconnage dans certains comtés. Il s'agit probablement d'une réaction des villageois à la recherche de sources de revenus de remplacement.

Lors d'une opération anti-braconnage menée au début de l'an 2000, les gardes trouvèrent un panda mort dans un piège installé par des braconniers.

Les médias chinois ne se montrent pas avares en informations concernant les sentences infligées aux braconniers. Durant les quatre premiers mois de 1999, la police confisqua six peaux de pandas géants et en 1998, un paysan chinois fut condamné à vingt ans d'emprisonnement pour avoir tué trois pandas et vendu les peaux.


Des restes d'animaux braconnés dans la réserve de Wanglang,
province du Sichuan, Chine.
© WWF

 

2. Solutions

Depuis 1980, le WWF est actif pour assurer la conservation du panda géant et il a été la première organisation internationale à travailler en Chine à l'invitation du gouvernement chinois.

Le premier travail de terrain a consisté à étudier l'écologie et le comportement des pandas sauvages.

Le travail actuel se concentre sur les Monts Minshan dans les provinces du Sichuan et du Gansu et sur les monts Qinling dans la province du Shaanxi.

Les solutions dans ces aires d'étude portent sur :
        - la création de nouvelles réserves naturelles.
        - la création de corridors verts pour relier des fragments d'habitat isolés.
        - des patrouilles pour lutter contre le braconnage et l'exploitation forestière illégale.
        - l'implantation d'entités locales pour la gestion des réserves naturelles.
        - la poursuite des recherches et de la surveillance.

 

        2.1. Pandas et populations humaines : des solutions gagnant-gagnant

C'est seulement en donnant satisfaction efficacement aux besoins des populations locales et en encourageant des pratiques de développement durable que nous pouvons espérer la survie à long terme du panda.

Le WWF et les gouvernements des provinces du Sichuan, du Gansu et du Shaanxi ont initié des projets de développement des communautés dans les villages des monts Minshan et Qinling.

Les activités de développement des communautés incluent :
        - la fourniture de moyens aux populations locales pour qu'elles s'engagent dans des modes de vie alternatifs tout en augmentant leurs revenus et en réduisant l'impact sur l'habitat du panda des activités portant atteintes à l'environnement telles le braconnage ou l'exploitation forestière.
        - la fourniture de sources d'énergie alternative aux villages pour la cuisson des aliments et le chauffage (fourneaux à économie de bois...). Ces systèmes permettent également aux personnes d'économiser du temps qu'ils consacraient jusqu'alors à la coupe d'arbres pour le bois de chauffage.
        - la formation et l'éducation des communautés et des fonctionnaires des gouvernements locaux sur les questions environnementales et les pratiques en matière de conservation.


De gauche à droite : une femme de la communauté Baima préparant le repas dans une cuisine traditionnelle, Sichuan, Chine ; Un garçon Baima avec un nid et des oisillons, Pingwu, province du Sichuan ; Un apiculteur qui utilise un nouveau système de ruche plus écologique et produisant plus de miel. © WWF.

 

Modes de vie durables

Depuis l'interdiction de 1998 d'exploiter les forêts, beaucoup de gens se sont tournés vers la récolte de plantes médicinales, utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise, mais aussi vers la chasse en guise de moyens de survie alternatifs.

Le WWF, ainsi que le gouvernement chinois, travaillent pour réduire l'impact négatif de la récolte de plantes médicinales et du braconnage en développant des approches innovatrices de conservation, fournissant par exemple aux peuples locaux des solutions alternatives durables.

Le WWF a par exemple contractualisé avec le plus grand détaillant européen, Carrefour, pour vendre des marchandises fabriquées par les populations locales, telles du poivre, du miel, des noix, des pommes de terre, dans les magasins de l'enseigne de la ville de Chengdu.


Une nouvelle méthode d'apiculture apporte plus de miel et sauve des forêts de l'habitat du panda :
1) Xia Baoyi, apiculteur traditionnel dans la communauté de Baima, réserve naturelle de Wanglang, province du Sichuan, Chine.
2) La nouvelle technique de multiplication des abeilles apporte un rendement de miel deux fois plus élevé qu'avec la méthode traditionnelle. Cela préserve également les forêts sachant que l'ancienne méthode nécessite une nouvelle coupe chaque année.
© WWF

 

Énergies alternatives : limiter ses besoins en bois tout en se chauffant correctement...

Pour se chauffer et faire la cuisine, les populations locales récoltent le bois dans les forêts. Ceci a eu un impact significatif sur les forêts de l'habitat du panda, sachant qu'un ménage moyen vivant à une altitude de 2 000 mètres utilise 10 000 m3 de bois par an pour se chauffer.

Pour réduire la quantité de bois utilisé par les familles tout en leur assurant un chauffage correct, le WWF a équipé de nombreuses familles avec des fourneaux à économie de bois.

De même, les familles ont été équipées de réacteurs « Biogaz » qui permettent de faire fermenter les déchets organiques pour produire de l'énergie. Les populations locales élèvent en particulier des porcs dont les excréments ramassés à l'étable peuvent alimenter ce réacteur de type « biogaz ». Le système est inodore et produit assez d'énergie pour faire cuire trois repas par jour et assurer le chauffage de l'habitation durant dix mois de l'année. Ce système a été mis en place par le WWF dans plusieurs villages de la région de Minshan où il a rencontré un vif succès.

Fin juin 2006, le WWF a fourni 269 réacteurs biogaz et 162 fourneaux à économie de bois à des familles vivant à proximité du territoire du panda.


A LIRE : Principe du Biogaz

 

Éducation

Entre 1996 et 2000, le WWF a formé plus de 300 personnels des réserves naturelles abritant le panda mais aussi des fonctionnaires des gouvernements locaux sur la gestion des ressources naturelles, la surveillance de la faune, le patrouillage anti-braconnage et sur des approches innovantes de conservation.

En 1997, le WWF a lancé un programme de conservation dans le comté de Pingwu, province du Sichuan, zone de plus forte concentration de pandas en Chine. Ce programme enseigne aux populations locales comment protéger l'habitat du panda sans compromettre leur survie économique, en les formant à de nouvelles méthodes durables d'exploitation de la forêt, en leur présentant de nouvelles activités économiques comme l'écotourisme et en soulevant la conscience locale au problème de conservation.


Locaux du groupe Baïma dans la Réserve Naturelle de Wanglang,
province du Sichuan, comté de Pingwu, Chine. © WWF

Un exemple d'action également auprès des enfants : les enfants vivant dans la réserve naturelle de Longxi-Hongkou dans les Monts Minshan, province du Sichuan, ont participé à un concours d'art ayant pour thème l'environnement.

 

La prise en compte des communautés locales : l'exemple à Pingwu

Le Comté de Pingwu se situe au centre de l'aire de répartition de la population de pandas vivant dans la province du Sichuan. Il abrite le plus important nombre de pandas parmi tous les comtés de Chine, une population forte de quelques 230 animaux. Malheureusement, la majorité de l'habitat disponible pour les pandas est situé en dehors des trois réserves situées sur le territoire du comté, dont la réserve de Wanglang.

En 1996, le Ministère des forêts demanda l'aide du WWF pour la gestion de la Réserve de Wanglang. Les études menées sur le terrain, de même que les contacts avec le personnel de la réserve, prouvèrent que les menaces affectant la survie des pandas de Wanglang trouvaient leur origine en dehors de celle-ci. A cette époque, l'exploitation commerciale des arbres fournissait plus de 60% des revenus du comté. Mais l'exploitation forestière détruisait l'habitat du panda à un rythme accéléré. Afin d'apporter une solution à ce conflit entre les intérêts des pandas et les besoins des habitants, le WWF et le gouvernement chinois lancèrent un programme de conservation basé sur les communautés locales. C'est ainsi que démarra en 1997 le "Projet intégré de conservation et de développement à Pingwu", un projet qui est devenu un modèle pour d'autres réserves à pandas.

Pour la Chine, il s'agissait d'une innovation, une manière originale d'aborder la conservation de la diversité biologique. Le projet vise à harmoniser les besoins de la conservation et ceux du développement, et favorise la participation des communautés locales aux décisions qui doivent être prises.

En 1998, suite à des inondations catastrophiques au Sichuan, les autorités locales instaurèrent un moratoire illimité sur toute opération d'exploitation forestière. Ce moratoire fit ressurgir le besoin de trouver des sources de revenus alternatifs pour limiter les pertes économiques et mitiger les conflits sociaux potentiels.

La participation des communautés et des autorités locales dans l'élaboration du projet du WWF à Pingwu encouragea le Département des forêts de la province du Sichuan à adopter une approche similaire dans le cadre de son Programme national de protection des forêts naturelles. Le projet de Pingwu fut étendu par la suite : c'est ainsi que trois "Comtés à pandas", à savoir Baoxing, Yuexi et Pingwu, furent désignés par le Département des forêts de la province du Sichuan en tant que sites-pilotes pour le lancement d'un projet de planification de la gestion durable et de zonation des forêts.

Le projet intégré de conservation et de développement à Pingwu s'est achevé en 2002 avec pour accomplissements principaux le développement des compétences du personnel de la réserve naturelle de Wanglang, le développement de l'écotourisme et le développement de moyens de subsistance alternatifs pour les communautés locales.

Avec ce projet, la réserve naturelle de Wanglang est devenue une réserve naturelle exemplaire en terme d'écotourisme, de suivis et de patrouilles écologiques, d'anti-braconnage et de gestion participative. D'ailleurs, la réserve naturelle de Wanglang a été classée réserve naturelle de statut national en juillet 2002. Ce passage d'un statut provincial vers un statut national se traduit par une augmentation des fonds gouvernementaux pour la conservation dans la réserve.

Un autre exemple est la réserve de Si'er, toujours dans le comté de Pingwu, initialement créée en 1993 pour la protection du panda et qui a été agrandie en juillet 2001 par le gouvernement du comté de Pingwu. Cette extension, qui a fait passer la surface de la réserve de 29 790 hectares à 63 615 hectares, s'est accompagnée d'un changement de nom de la réserve, renommée réserve naturelle de Xuebaoding.

Le succès du projet intégré de conservation et de développement à Pingwu a alors incité le WWF à étendre sa démarche à l'ensemble des Monts Minshan. Par conséquent, dans la continuité du projet de Pingwu, le WWF a entrepris une nouvelle initiative : le projet Minshan (ou projet de conservation du panda dans le paysage des Monts Minshan), lancé le 1er juillet 2002.

Les Monts Minshan, dans les provinces du Sichuan et du Gansu, sont l'habitat principal du panda géant (720 pandas recensés lors du dernier recensement de 2004, soit presque la moitié de l'effectif total de pandas sauvages) et autres espèces rares (faisans, panthère nébuleuse, rhinopithèque de Roxelane). Ils couvrent en partie 16 comtés et 19 réserves naturelles et sont peuplés par environ un million de personnes (Han, Tibétains, Qiang et Baima).

Pour en savoir plus : Répartition : Les pandas des Monts Minshan, dans la province du Sichuan

L'objectif de ce nouveau projet étendu à l'ensemble des Monts Minshan est une augmentation d'ici 2012 de 10% du nombre de pandas et de leurs habitats dans les Monts Minshan.

 

Un autre exemple qui allie la conservation et le développement économique : Le projet pour les pandas géants de Qinling (Qinling Giant Pandas Focal Project) :

La population de pandas des Monts Qinling est une sous-population indépendante d'environ 200 à 300 pandas (effectif issu du troisième recensement de 2004). Cette sous-population a même été caractérisée comme une sous-espèce de panda.

Pour en savoir plus : La population de pandas des Monts Qinling, une sous-espèce à part entière

La taille de cette sous-population est relativement petite et les connections avec les autres sous-populations sont inexistantes ce qui la rend plus fragile.

Pour en savoir plus : Répartition : Les pandas des Monts Qinling, dans la province du Shaanxi, sont isolés des autres sous-populations de pandas

Le développement rapide de la Chine, l'expansion humaine et les perturbations humaines sont devenues des menaces majeures pour l'espèce. Ces pressions risquent de devenir de plus en plus importantes avec la mise en oeuvre du "Programme de développement de l'Ouest de la Chine".

Tout en poursuivant une coopération avec les partenaires traditionnels (secteur privé, populations locales), le WWF espère apporter au travers de ce projet une solution gagnant-gagnant à la fois pour la conservation et le développement économique dans l'habitat du panda.

L'objectif du WWF est qu'à l'horizon 2012, la population de pandas géants de Qinling ait augmenté d'au moins 10% et l'habitat protégé augmenté d'au moins 80%.

Le WWF a officiellement lancé ce projet en mars 2002. Il contient trois volets :
        - la protection de l'habitat et la création de 5 corridors écologiques pour la population de pandas des Monts Qinling.
        - la coopération entre la conservation de la biodiversité et le développement du tourisme dans le Sud de la région de Taibaishan (comté de Zhouzhi, Monts Qinling).
        - le soutien au développement durable des communautés des Monts Qinling

Les principales réalisations à ce jour comprennent :
        - fin 2002, le gouvernement de la province du Shaanxi a officiellement créé 5 nouvelles réserves et 5 corridors pour la protection du panda, portant ainsi à 130 000 hectares la superficie des habitats protégés. Les 5 nouvelles réserves naturelles sont la réserve de Motian Qinling (8 520 ha), la réserve de Ningqiang Qingmu Chuan (10 200 ha), la réserve de Guanyinshan (13 534 ha), la réserve de Sangyuan (13 805,7 ha) et la réserve de Ningshan (26 372 ha).
        - le WWF a appuyé la conservation fondée sur les activités des communautés dans la réserve naturelle de Changqing. Les activités comprennent l'élevage de saumons comme moyen de subsistance alternatif, l'installation de poêles économiques en bois, le soutien aux infirmeries de village, l'offre de micro-crédits pour le développement des communautés. Ces pratiques ont accru la sensibilisation du public à la conservation et ont contribué à la restructuration des industries axées jusqu'ici sur l'exploitation forestière et qui ont cessé leurs activités en 1998 après le moratoire chinois sur la déforestation. Ces activités ont également permis de limiter l'exploitation forestière illégale et le braconnage. Actuellement, le projet vise à étendre ces soutiens à d'autres communautés de Qinling dans d'autres réserves naturelles.
        - une équipe de 30 personnes a été mise en place en septembre 2002 grâce au soutien du WWF pour patrouiller dans la forêt de Houzhenzhi. Cette équipe assure la protection de la partie Nord des Monts Qinling sur une surface de 51 167 ha, région habitée par le panda.


Équipe de patrouilleurs dans la forêt de Houzhenzhi. © WWF

        - pour éviter les problèmes écologiques potentiels liés au développement anarchique du tourisme, le WWF, la municipalité de Xian et le gouvernement du comté de Zhouzhi travaillent ensemble pour élaborer un cadre pour la conservation intégrée de la biodiversité et le tourisme durable (éco-tourisme) dans le Sud de la région de Taibaishan. Un protocole d'accord a été signé en juin 2002.

 

Le programme "Grain-to-green", une incitation à la restauration des écosystèmes

La Chine a mis en place à la fin des années 1990 une nouvelle politique forestière intégrant deux programmes de grande envergure : le programme de protection des forêts naturelles et le programme de conversion des terres cultivées en forêts ou en prairies (programme Grain-to-Green, litéralement "du grain au vert"). Par leur gravité sans précédent, deux catastrophes écologiques majeures, l’assèchement du fleuve Jaune en 1997 et les inondations du Yangzi en 1998, ont précipité la mise en œuvre de ces programmes.

Le programme Grain-to-Green (= Grain-for-Green) est un programme chinois qui vise à convertir les terres en pente cultivées en forêts ou en pâturages pour prévenir l'érosion des sols, qui a été une cause majeure des graves inondations de 1998. Au travers de ce programme, les agriculteurs reçoivent une subvention par superficie de terres cultivées retirées et inscrites au programme pour une période de deux à huit ans.

Lancé en 1999 dans trois provinces pilotes (Gansu, Shaanxi et Sichuan), le programme de conversion des terres cultivées en forêts ou en prairies a été progressivement étendu à 25 provinces (et 2 000 districts). Comme le programme de protection des forêts naturelles, il concerne essentiellement les régions situées le long du Yangzi et du Fleuve Jaune. L’objectif de ce programme de très grande envergure est de réduire l’érosion des sols en convertissant plus de 14 millions d’hectares de terres cultivées, dont 4,4 millions d’hectares de terres ayant une pente de plus de 25 degrés. Dans le Sichuan, 770 000 hectares de terres sont concernés. Fin 2006, environ 9 millions d’hectares de terres cultivés avaient été convertis.

De par son ampleur, il s’agit du plus grand programme de conversion au monde, qui vise à mettre fin à une pratique de culture en terrasse vieille de plusieurs milliers d’années.

Pour maintenir le revenu des paysans, l’Etat chinois verse, dans le cadre de ce programme de conversion, des subventions à la fois en nature (céréales et semis) et sous forme monétaire, pour une durée de huit ans si la terre est convertie en forêt écologique, de cinq ans si la terre est convertie en forêt à usage commercial et de deux ans si elle est convertie en pâturage. Selon l'administration chinoise des forêts, plus de 75% des terres converties le sont en forêt écologique.

Les compensations octroyées varient selon les régions et sont plus élevées dans les provinces du haut Yangzi que dans les provinces du haut Fleuve Jaune. Les subventions en nature varient de 1 500 à 2 250 kg de céréales par hectare et par an. Les paysans reçoivent par ailleurs une compensation monétaire de 300 yuans par hectare et par an ainsi que des semis gratuits au moment de la conversion. Fin 2003, le montant total des subventions versées dans le cadre de cette politique s’élevait à 5,56 milliards de yuans et la quantité de céréales fournies aux paysans à 16,53 millions de tonnes. Le nombre de ménages ruraux concernés par ces mesures était de 17,58 millions.

Ce programme a permis des gains écologiques substantiels : augmentation de la couverture forestière, réduction des eaux de ruissellement de surface, réduction de l'érosion du sol, diminution des sédiments dans les rivières, amélioration de la fertilité des sols, réduction de la désertification. D'autres bénéfices sont à attendre comme la restauration d'habitats, avec entre autres l'habitat du panda géant.

A l'issue de la période de conversion (et du versement des aides), les fermiers peuvent laisser leurs terres inscrites au programme pour une nouvelle durée allant de 2 à 8 ans. Les aides sont cependant moins importantes dans le cas d'un renouvèlement.

Dans la réserve naturelle de Wolong, la conversion des terres cultivées a débuté en 2001. Les fermiers étaient encouragés à inscrire dans ce programme leurs terres avec une pente supérieure à 25° mais plusieurs parcelles avec une pente inférieure ont également été inscrites. Toutes ces terres s'inscrivent dans une conversion en forêt écologique et les agriculteurs perçoivent des subventions pour une durée de 8 ans. Entre 2000 et 2004, les subventions annuelles étaient de 2250 kg de céréales et 300 yuans par hectare. A partir de 2005, les subventions en nature ont cessé et la subvention monétaire a été portée à 3150 yuans par hectares. En 2005, 367,3 ha de terres cultivées étaient inscrites dans cette réserve au programme Grain-to-Green. Un des premiers effets observés pour le panda est une diminution de la pression humaine sur l'habitat, en effet ce programme incite les fermiers à se convertir vers des activités urbaines voire même à migrer. Sur le long terme, on peut même espérer que l'habitat dégradé du panda s'améliore.

Ce programme de conversion a reçu un accueil favorable auprès des populations locales pour diverses raisons interdépendantes. La première tient au montant comparativement élevé des subventions perçues par les ménages. Le rendement annuel des terres converties était dans de très nombreux cas sensiblement inférieur au montant des subventions attribuées. Shen Maoying, de l’Académie des Sciences Sociales du Sichuan, estime que dans certains cantons du nord du Sichuan, le gain dégagé est de 30 % par rapport aux revenus de l’activité agricole. Enfin, en libérant une partie de la main-d’œuvre agricole, ce programme a permis une diversification des activités des ménages vers des activités non agricoles généralement plus lucratives, et par conséquent une augmentation des revenus.

 

        2.2. Protection et surveillance de l'habitat

Créer de nouvelles réserves

Depuis le bannissement de l'exploitation forestière en 1998, l'équilibre a commencé à se déplacer de la déforestation vers la restauration de la forêt.

Une grande partie de l'habitat du panda était en dehors des réserves naturelles si bien qu'il était difficile de le protéger contre l'exploitation forestière illégale, le braconnage et la récolte des plantes médicinales.

En créant de nouvelles réserves, le gouvernement chinois peut faire reculer les menaces les plus dangereuses pour la survie du panda.

Il y a maintenant plus de 50 réserves protégeant le panda pour une surface totale protégée d'environ 10 400 km².


A LIRE : Liste des principales réserves de pandas en Chine



Les principales réserves naturelles de pandas en Chine

 

Une meilleure gestion des réserves naturelles

Le travail du WWF à Wanglang et à Anzihe, deux réserves-pilotes sélectionnées pour démontrer les principes de gestion efficace, a commencé par une étude des caractéristiques de ces sites protégés. Ce travail fut suivi par l'élaboration de plans de gestion impliquant toutes les parties concernées, et en particulier les communautés vivant à proximité des réserves.

Dans le cadre de l'élaboration du plan de gestion de la réserve naturelle de Wanglang, une zone de co-gestion de 140 km² en dehors de la réserve elle-même fut proposée aux communautés locales, qui marquèrent leur accord. Un système de surveillance conjointe de cette zone par le personnel de la réserve et les communautés locales fut également mis au point. Wanglang fut donc le première réserve à pandas à bénéficier d'une surveillance systématique.

Cette stratégie a permis de fournir des données précises sur les mouvements des pandas ; de plus, les patrouilles ont permis de révéler plusieurs cas de braconnage et ont contribué à réduire la chasse illégale. Les informations ainsi disponibles ont été intégrées dans une base de données GIS, utilisée au jour le jour dans la gestion de la réserve. Le personnel de Wanglang, qui a bénéficié de différentes formations, est actuellement bien plus motivé qu'il ne l'était avant le début du projet.

Les relations avec les communautés locales sont devenues plus sereines. Leur participation aux activités de conservation et de développement communautaire ont contribué à rehausser le moral et à stimuler des partenariats. Les progrès réalisés par le personnel de la réserve naturelle de Wanglang et les communautés locales ont servi d'exemples positifs pour d'autres réserves à pandas.

 

Sensibilisation et renforcement des structures locales

Les actions de sensibilisation et de renforcement des structures locales menées par le WWF exerceront une influence à long terme sur la conservation de la nature en Chine. Pour satisfaire ce besoin prioritaire, le WWF contribue à renforcer les structures locales à tous les niveaux : il fournit notamment une formation de base au personnel des réserves, ainsi qu'une formation en matière de planification et de gestion de sites protégés. Ces formations s'avèrent être des outils efficaces pour instaurer une entente mutuelle entre les différents partenaires et pour accroître la sensibilisation à la conservation à tous les niveaux.

 

La réserve de Wolong

La Réserve naturelle de Wolong, une zone de 200 000 ha située dans la province du Sichuan (sud-ouest), a été établie en 1963.

Mondialement connue pour être le foyer des pandas géants, elle se trouve sur le cours supérieur de la rivière de Minjiang, un affluent du Yangtsé, le premier fleuve de la Chine. Elle abrite au moins 2 000 espèces d'animaux et plus de 4 000 espèces de plantes dont 40 espèces de bambous, aliment favori du panda géant.

154 pandas géants sauvages, soit 10% du total de la Chine, vivent dans la réserve du district de Wenchuan, à 130 km de Chengdu, capitale provinciale.

La Réserve naturelle de Wolong abrite également le Centre de Protection et de Recherche sur les Pandas géants de Chine, une base principale d'élevage artificiel sponsorisée conjointement par le gouvernement chinois et le WWF.

A ce jour, le centre a élevé 103 pandas géants, représentant la moitié des pandas géants élevés artificiellement dans le monde.

La Chine a lancé en 2003 un programme d'entraînement des pandas géants de 12,5 millions de dollars tentant de recréer les conditions naturelles de vie de cet animal avant de le relâcher complètement dans le milieu naturel.

Après trois ans d'entraînement, Xiang Xiang, un panda mâle âgé de 4 ans, élevé dans le centre, a été relâché dans la nature le 28 avril 2006, devenant ainsi le premier des 180 pandas géants en captivité à retourner dans son milieu naturel. Il est malheureusement décédé quelques mois plus tard, en février 2007.


 Le centre de Wolong.
Wolong signifie terre des nuages et de la pluie. Dans cette forêt humide, poussent le bambou flèche et le bambou ombrelle, les deux bambous favoris du grand panda.


Pandas dans le parc du centre de recherches de Wolong

 

Relier les habitats isolés

Les pandas vivent dans une vingtaine de poches qui sont comme des îles de vie sauvage qui contiennent deux ingrédients essentiels à la survie des pandas à savoir des bambous et d'autres pandas. Ces aires sont séparées les unes des autres par des routes, des fermes, des villes et tout autre aménagement lié au développement humain. Le gouvernement chinois travaille avec l'appui du WWF pour relier maintenant ces habitats isolés à l'aide de couloirs de bambous. Ces couloirs verts peuvent être assimilés à un pont reliant une île.

Pour relier entre eux les pandas qui vivent dans des poches isolées, le WWF a identifié des zones pouvant être transformées en couloirs de bambou ce qui permettrait aux pandas de trouver plus de nourriture et plus prioritairement de rencontrer de nouveaux partenaires pour la reproduction. Ces corridors permettent à plus long terme une diversification du patrimoine génétique des pandas en diminuant le risque de consanguinité.

Le gouvernement chinois, en partenariat avec le WWF, a créé 10 corridors dans les Monts Qinling et Minshan.

PRINCIPE D'UN CORRIDOR :




Zoom sur l'habitat du panda


Nouveau zoom sur deux poches isolées de l'habitat du panda


Établissement d'un couloir vert (corridor) entre deux habitats fragmentés. Ainsi, les deux populations de pandas isolées jusqu'alors peuvent maintenant se rencontrer.

 

Surveillance de l'habitat du panda et patrouille

Entre 1996 et 2000, le WWF a formé plus de 300 personnels des réserves naturelles de panda ainsi que des fonctionnaires des gouvernements locaux à la gestion des réserves, à la surveillance de la vie sauvage, au patrouillage anti-braconnage et aux nouvelles approches de conservation.

Le succès de la survie du panda doit beaucoup ces dernières années au travail des chercheurs chinois et internationaux qui travaillent avec les gouvernements, les universités et les organisations à but lucratif tel le WWF.

Ces études ont permis de produire une image précise du statut actuel du panda et ont permis de formuler des mesures efficaces pour enrayer le déclin de l'espèce. La recherche et la surveillance continue sont essentiels au succès de la conservation.


De gauche à droite et de haut en bas (© WWF) :
1) Yang Qing-An et Yong Yan-Ge utilisent le suivi par collier radio-émetteur pour étudier les pandas de la réserve de Wolong.
2) Surveillance de la biodiversité dans la réserve naturelle de Jiudingshan.
3) Installation d'une caméra infra-rouge dans la réserve naturelle de Baodinggou.
4) Colby Loucks, un chercheur du WWF américain.
5) Sauvetage d'un panda blessé par un piège tendu par des braconniers dans la réserve naturelle de Xiaohegou.
6) Réunion anti-braconnage dans le comté de Jiuzhaigou. 



Appareils photos infra-rouge

Les chercheurs de la réserve naturelle de Wanglang ont fixé des appareils photos sur 30 arbres de la réserve. Les appareils sont déclenchés par les mouvements de pandas occasionnels ou même d'autres animaux étonnants qui partagent l'habitat du panda. Ce matériel, associé à la technologie GPS, permet une vision plus précise de l'effectif de pandas dans le milieu naturel.


Un panda curieux photographié par une caméra infrarouge

 

Secours aux pandas en difficulté

Pour sauver les pandas, on leur apporte des bambous et on les transporte même dans des endroits où les pousses sont encore fraîches. On capture le panda en difficulté en l’attirant dans un piège inoffensif. On l’endort avec une piqûre et on en profite pour le mesurer, l’examiner et voir s’il est en bonne santé. Puis, on l’emporte dans une grande cage vers une réserve. Les chercheurs fixent au cou des pandas un collier radio-émetteur. Grâce aux signaux émis, on suivra leurs déplacements et on étudiera leurs habitudes, sans les gêner.

Cependant, une nouvelle directive des autorités chinoises limite heureusement les possibilités de recourir aux opérations de sauvetage inutiles. En effet, dans les années 1980, plus de trente jeunes pandas furent capturés dans la nature parce qu'ils avaient été trouvés seuls. On pensait à l'époque qu'ils avaient été abandonnés par leur mère. Les recherches scientifiques ont depuis prouvés que les femelles "abandonnent" régulièrement leur petit lorsqu'elles partent se nourrir. Les jeunes animaux n'avaient donc nul besoin d'être sauvés.

De même, la floraison massive du bambou dans les années 1980 suscita une vaste opération de sauvetage pour les pandas mourant de faim. De telles opérations ne sont pas nécessaires pour autant que l'habitat soit préservé sur des étendues suffisantes et que les pandas disposent d'au moins deux espèces différentes de bambous pour se nourrir.

Tous les efforts doivent donc être concentrés vers le sauvetage des populations sauvages, en maintenant un maximum de pandas en liberté.

  
Jeunes pandas "sauvés" dans la nature pour être conduits vers un centre
de reproduction en captivité.
© WWF

 

        2.3. Réintroduction

Lorsque les populations d'une espèce déclinent, les protecteurs de la nature doivent considérer diverses alternatives pour assurer la survie de cette espèce. La réintroduction d'individus dans la nature est une des options envisagées aujourd'hui.

En 1991 et en 1997 eurent lieu deux réunions d'experts, dont le but était d'examiner la possibilité de réintroduire des pandas en milieu naturel. La conclusion générale à l'issue de la réunion tenue en 1997 dans la réserve naturelle de Wolong était que "la réintroduction de pandas géants n'est pas souhaitable à l'heure actuelle". Les participants ont conclu que les activités les plus importantes pour promouvoir la conservation de l'espèce sont la protection de son habitat naturel et la recherche scientifique centrée sur les populations sauvages et leur habitat.

La réintroduction apparaît aujourd'hui prioritaire et devrait le rester dans les stratégies futures.

Rappelons qu'un premier panda géant à être né en captivité a été relâché en avril 2006 dans le milieu naturel. Il est malheureusement décédé quelques mois plus tard, en février 2007.


Xiang Xiang, réintroduit dans le milieu naturel le 28 avril 2006

Pour en savoir plus :
        > 21 Février 2006 : Retour prochain d'un panda géant à la vie sauvage
        > 28 Avril 2006 : Xiang Xiang, le premier panda géant né en captivité et relâché dans la nature
        > 30 Mai 2007 : Décès de Xiang Xiang, le panda remis en liberté l'an dernier
        > 8 Juin 2007 : Des experts chinois étudient comment lâcher des femelles pandas dans la nature
        > 14 Novembre 2007 : Nouveau projet de réintroduction
        > 12 février 2009 : Reprise des projets de réintroductions de pandas dans le milieu naturel
        > 14 novembre 2009 : Construction d'un centre d'adaptation des pandas captifs à la vie sauvage

 

        2.4. Une solution abandonnée : le clonage

C'est en 1997 qu'une première tentative de clonage d'un panda géant fut réalisée par des scientifiques de l'Académie chinoise des sciences. Cette tentative suscita un vif intérêt : on la considérait comme une nouvelle technique pouvant assurer la survie de l'espèce dans la nature.

Cependant, et bien que le clonage soit une avancée scientifique intéressante pouvant avoir des retombées positives dans le cas de certaines espèces, son intérêt pour la protection du panda géant reste à prouver. Le clonage ne peut en effet apporter de solution aux problèmes qui affectent la survie des animaux dans la nature.

Croire que les pandas ont des difficultés à se reproduire est une erreur de jugement fondamentale : le clonage ne devrait donc pas être d'un grand secours pour ce qui est d'accroître leurs effectifs. Les pandas sauvages se reproduisent plus facilement que leurs congénères captifs. Les études menées dans les montagnes de Qinling ont prouvé que le taux de reproduction des populations sauvages est nettement supérieur à celui de la population captive. Donc, si les pandas vivant en liberté et leur habitat naturel sont efficacement protégés, la population devrait s'accroître d'elle-même.

 

3. Avenir

Le WWF poursuit le travail dans les Monts Minshan et Qinling et va initier de nouveaux projets ailleurs dans l'habitat du panda comme dans les Monts Xiangling et Qionglai.

 

Dans les Monts Minshan

Dans les 10 à 20 années à venir, le WWF s'est fixé les objectifs suivants pour les Monts Minshan :
        - Aucun autre déclin des populations de pandas géants ni d'autres espèces-clef qu'elles soient végétales ou animales.
        - Une expansion de 30% de l'habitat du panda.
        - Une reconnection de tous les habitats de pandas géants dans la région.
        - Une augmentation de 5% de la couverture forestière.

 

Dans les Monts Qinling

La vision du WWF est une augmentation d'au minimum 10% de la population de pandas géants d'ici 2012 dans les Monts Qinling. Parallèlement, la superficie d'habitats protégés devra augmenter d'au moins 80%.

Ces objectifs seront atteints en travaillant avec et en mobilisant les parties non concernées jusqu'à aujourd'hui par les problématiques de conservation afin qu'elles intègrent la notion de durabilité dans leurs politiques et dans leurs comportements de consommation.

 

Ce qu'il reste à faire

Les actions à venir pour protéger efficacement le panda s'articulent autour des points suivants :
        - Restauration de l'habitat : création de nouveaux corridors, reboisement de zones, création de nouvelles réserves.
        - Restauration et gestion de la population : dépend fortement de la restauration de l'habitat qui doit conduire à une rencontre entre groupes de pandas isolés. Des groupes plus importants et plus viables contribueraient de façon considérable à assurer l'avenir à long terme de l'espèce.
        - Lutte anti-braconnage à laquelle doit être associée la participation des communautés locales, particulièrement en dehors des zones officiellement protégées.
        - Surveillance, recherche scientifique et bases de données : des outils pour des décisions adéquates : pour prendre de bonnes décisions en matière de gestion, il faut disposer d'informations scientifiques récentes et régulièrement mises à jour.
        - Renforcement des réserves à pandas et des autres zones protégées existantes.
        - Formation du personnel des réserves naturelles.
        - Participation des communautés locales : plutôt que de subir la présence des pandas, les communautés locales doivent pouvoir en retirer des avantages économiques.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Exploitation forestière dans la réserve de Wolong, Sichuan, Chine. © WWF

 


Le pâturage du bétail est problématique dans une réserve de pandas. Réserve naturelle de Wanglang, Sichuan, Chine. © WWF

 

 

 

 

 

 


Shi Junyi étudie la mort des bambous. Ce phénomène naturel du cycle de vie du bambou oblige les pandas à rechercher ailleurs leur nourriture principale. La fragmentation de l'habitat peut entraîner les pandas à mourir de faim. © WWF

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


panda_menaces5.jpg (130986 octets)
Croissance urbaine dans la ville de Chengdu, Sichuan. En jaune, les zones urbaines en 1990, en rouge les expansions entre 1990 et 2000. L'expansion se fait principalement vers les collines des monts Minshan. © NASA

 

 



Explosion pour un barrage près de la Réserve Naturelle de Wanglang, dans la province du Sichuan. Le développement de l'hydro-électricité menace plusieurs secteurs de l'habitat du panda.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Marché de plantes médicinales, Chengdu, province du Sichuan, Chine. La récolte de plantes pour la médecine traditionnelle chinoise perturbe l'habitat du panda et entraîne l'extinction de plantes locales dans les Monts Minshan. © WWF

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


George Schaller avec Wang Menchu et le professeur Hu Jinchu dans la réserve naturelle de Wolong, Sichuan, Chine, dans les années 1980. © WWF

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Une plantation de poivre dans la réserve naturelle de Xuebaoding, Sichuan, Chine. Faire pousser des plants de poivre assure aux populations un mode de vie durable et leur évite de se tourner vers le braconnage ou l'exploitation forestière pour assurer leur survie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Une femme nettoie sa cuisinière à économie de bois. Ces appareils utilisent significativement moins de bois et contribuent ainsi à la protection des forêts. © WWF



Les populations locales peuvent recycler les déjections porcines pour en retirer du méthane, fournissant ainsi suffisamment d'énergie pour la cuisson et le chuaffage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Lorsque la route nationale 108 a été retracée en tunnel, le WWF et la province de Shaanxi ont saisi l'occasion de planter 87 hectares de bambous sur les 13 km de routes abandonnés pour établir un lien entre deux communautés de pandas dans les Monts Qinling.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 Le WWF, avec pour emblème le panda géant, participe activement en Chine à la sauvegarde de l'espèce.

Pub :

 

© Jérôme POUILLE - Contact : 

Pandas - Le panda géant ou grand panda (Ailuropoda melanoleuca).

 www.ifrance.com/pandageant

http://pandageant.ifrance.com/

 www.pandas.fr

Mise à jour : Novembre 2009

Existe depuis : Mai 2002