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1.
Répartition
1.1.
Répartition
passée
1.2.
Répartition
actuelle
2.
Habitat
2.1.
Caractéristiques
2.2.
Climat
2.3.
Végétation
2.4.
Domaine vital
2.5.
Un territoire
partagé
POUR
EN
SAVOIR
PLUS
<1>
A LIRE : Disparition et fragmentation de l'habitat du
panda.
La
fragmentation et la disparition de l'habitat du panda sont une des causes de la
disparition de l'espèce.
<2>
A LIRE : Liste des principales réserves
de pandas en Chine.

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La Chine est aujourd'hui l'unique pays où le panda vit à l'état sauvage.
1.1.
Répartition passée
Les fossiles découverts tendent à prouver que les lointains ancêtres du panda géant étaient largement répandus, au début du Pliocène (il y a environ 3 millions d'années), sur un territoire couvrant la majorité de la Chine orientale et méridionale, et vers le nord jusqu'à hauteur de l'actuelle capitale Beijing (anciennement Pékin).
Des fossiles de pandas ont également été découverts dans le nord du Myanmar (ex-Birmanie) et du Vietnam. On a retrouvé la plupart de ces fossiles à des altitudes de 500 à 700 m, dans des forêts de type tempéré ou subtropical.
A l'époque, il devait exister une deuxième espèce de panda, Ailuropoda
microta, plus petite que l'actuelle.
Curieusement, les restes fossiles du grand panda sont régulièrement associés à ceux d'un éléphant fossile,
Stegodon.


Simulation
d'une scène du Pléistocène où vivait l'ancêtre du panda (faune Stegodon
sinensis Owen).
© Base
de Chengdu, Chine.
1.2.
Répartition actuelle
La réduction significative de l'aire de répartition du panda est plutôt récente et s'est accélérée au cours des derniers siècles, suite à l'accroissement exponentiel de la population humaine en Chine et son emprise sur les territoires occupés par le panda.
Le panda ne se trouve plus aujourd'hui qu'en Chine à l'état sauvage.
Jadis, les pandas vivaient aussi dans les vallées des régions de basse altitude, couvertes de collines, milieux aujourd'hui accaparés par l'homme. L'emprise de l'homme a forcé les pandas à se retirer à des altitudes de 1200 à 3400 mètres, là où on les trouve encore de nos jours.
Depuis plusieurs années, on peut constater que les pandas géants se regroupent dans des zones de plus en plus réduites, situées entre 102° et 105° de longitude Est, et entre 25° et 32,5° de latitude Nord. On les trouve principalement dans six monts répartis sur trois
provinces :
- les Monts Qinling dans la province du Shaanxi.
- les Monts Minshan dans les provinces du Gansu et du
Sichuan.
- les Monts Qionglai dans la province du Sichuan.
- les Monts Daxiangling dans la province du Sichuan.
- les Monts Xiaoxiangling dans la province du Sichuan.
- les Monts Liangshan dans la province du Sichuan.


Nous
visualisons sur cette carte les 3 provinces concernées par l'habitat du panda
ainsi que la localisation des principales réserves naturelles.

Panda dans la réserve
naturelle de Wolong, province du Sichuan, Chine.
2.1.
Caractéristiques
Dans sa partie orientale, le plateau tibétain se poursuit par une série de montagnes très découpées. Les mouvements de l'écorce terrestre, à l'aire tertiaire, ont créé ici toute une série de massifs aux pentes abruptes, entaillés de profondes vallées, serrés contre les hautes terres de l'Ouest et ouverts sur les plaines de l'Est.
Cet ensemble montagneux présente des composantes climatiques et biologiques originales. C'est là que le grand panda survit aujourd'hui, entre 1600 et 3500 mètres.
L'habitat du panda est donc souvent composé de profondes vallées sillonnées de cours d'eau et de hautes montagnes. Les hommes y sont rares. Le climat doux et humide offre une végétation luxuriante et offre au panda un environnement agréable où il est facile de se cacher. Il est ainsi quasiment impossible de voir un panda qui se trouverait même à quelques mètres !
C'est surtout dans les zones à 2300-3800 mètres d'altitude que se développent le plus les bambous. C'est donc dans ces zones que l'on va rencontrer le plus facilement les pandas.

Vue sur Wolong depuis une altitude de 4000 mètres.

Paysage montagneux de la réserve naturelle de Wolong, province du Sichuan, Chine.

Vue sur les paysages de la réserve de Foping, province du Shaanxi, Chine.
2.2.
Climat
Le panda habite une région à la fois fraîche et humide.
L'hiver est très froid, sans extrêmes trop marqués (les températures
descendent rarement en dessous de -12°C). Les sommets élevés protègent ce côté-ci des montagnes de l'air glacial du Tibet, du Xinjang ou de la Mongolie. Autour de 2000 m, la neige peut durer de novembre à mars, mais les neiges éternelles ne descendent pas au-dessous de 5000 m.
L'été est habituellement nuageux, bien arrosé par la mousson de juin à octobre. Ces pluies estivales viennent du sud-est, de l'océan Pacifique.
Les températures en juillet dépassent rarement 22°C.
L'humidité
descend rarement en deça de 70%, et les précipitations annuelles apportent
entre 90 cm et 1,50 m de pluie.
Dans ces conditions, les formations forestières sont riches en différentes espèces de plantes.

Brumes dans la réserve naturelle de Wolong, province du Sichuan, Chine.
2.3.
Végétation
Vers le bas, et jusqu'à 1600 m d'altitude, on trouve encore quelques lambeaux de forêt subtropicale. Celle-ci était présente autrefois le long des vallées, mais depuis longtemps des agriculteurs l'ont remplacée par des champs de céréales (riz, blé...) où l'on peut espérer jusqu'à trois récoltes par an. Le panda ne fréquente donc
pratiquement plus cette zone.
Au-dessus, entre 1600 et 2000 m, la forêt est composée d'un mélange d'arbres feuillus, certains à feuilles persistantes et d'autres à feuilles caduques. Le panda s'y promène parfois, surtout pendant la saison de la pousse des jeunes pointes de bambous.
De 2000 à 2600 m, la forêt mixte héberge des conifères et des feuillus, et, au-dessus, jusqu'à près de 3600 m, seuls les conifères persistent.
Les étages alpin et nival se succèdent ensuite, mais, habituellement, le panda ne dépasse pas 3500 m, c'est-à-dire presque la limite de la forêt de conifères.
Son habitat essentiel se situe autour de 2500-3200 m. Il effectue régulièrement des migrations jusqu'à 2000 m, mais rarement plus bas.
Toutes les forêts décrites ci-dessus ont un point commun important : leur sous-bois est composé de bambous. Sept espèces différentes se succèdent de 1000 à 3500 m. Certaines sont très représentées comme
Fargesia spathacea, de 1500 à 3000 m, progressivement remplacée par Sinarundinaria fangiana, très abondante à partit de 2200 m, et qui reste seule présente au-dessus de 3000 m. Ces deux espèces sont les préférées du panda.

Graphique montrant en
fonction de l'altitude les différents étages de végétation, la présence de
pandas et des espèces de bambous.

Aire d'étude de Wuyipeng, province du Sichuan, Chine.

Panda dans la réserve
naturelle de Wolong, province du Sichuan, Chine.
2.4.
Domaine vital
Le panda géant est un animal solitaire. Chaque individu possède un domaine vital. Celui des mâles est en général plus étendu, de l'ordre de 30 km² et englobe souvent le domaine de plusieurs femelles.
Les femelles choisissent
en général des terrains en pente douce, exposés à l'ouest, où la neige fond
plus vite qu'ailleurs. Elles recherchent aussi la présence d'arbres creux ou de
grottes pouvant leur servir de tanière. Elles ne tolèrent pas la présence
d'autres femelles dans la partie centrale de leur territoire, mais l'acceptent
en périphérie, souvent mitoyenne.
Les pandas n'ont
suffisamment ni de temps ni d'énergie pour défendre leur territoire, et ils se
contentent d'en marquer les limites. Pour ce faire, ils s'accroupissent au sol
ou s'appuient contre un arbre ou un rocher et déposent un produit sécrété
par leur glande anale, l'étalant même parfois avec leur queue (cette
dernière, courte et touffue, faisant fonction de brosse). Ils y ajoutent
un peu d'urine, qui communique à la marque une forte odeur musquée. La plupart
d'entre eux déposent leur marque à hauteur d'épaule mais il leur arrive de la
mettre beaucoup plus haut, en se dressant sur leurs pattes de devant et en
s'approchant à reculons de l'arbre qu'ils ont choisi d'imprégner. Ces sortes
de poteaux indicateurs présentent des zones foncées et lisses, surmontées de
traces de griffes. Pendant la saison des amours, ces repères fonctionnent comme
des cartes de visite qui indiquent l'état de réceptivité sexuelle des
individus. Une femelle en chaleur accélère ses dépôts pour s'assurer de la
présence d'un mâle auprès d'elle au moment voulu. Chez les mâles adultes, ce
rythme est plus rapide que chez les femelles ou chez les jeunes pandas, et le
marquage n'est pas limité à la saison des amours mais se poursuit toute
l'année. Les marques odorantes sont utilisées essentiellement par le mâle
pour délimiter le territoire et signifier aux intrus qu'ils doivent se tenir à
distance, mais elles peuvent aussi indiquer qu'il en période de rut.

Les pandas géants
possèdent une glande anogénitale spécialisée
qui sécrète une substance
cireuse qu'il utilise pour communiquer avec ses congénères.

Panda dans la réserve de Jiuzhaigou, Sichuan, Chine.

Paysage de la réserve naturelle de Wanglang, Sichuan, Chine.
2.5.
Un territoire partagé
Les conditions
climatiques et végétales propices aux pandas le sont également pour d'autres
animaux qui partagent le territoire du panda.
A basse et moyenne
altitude, cohabitent parfois avec lui des animaux de type oriental : faisans
dorés, civettes, macaques ursins, panthères et cerfs élaphes. Plus haut, dans
les forêts sub-alpines et au-dessus de la ligne des arbres, cohabitent avec le
panda des animaux de type arctique : coqs des neiges, pikas, cerfs musqués,
chats des steppes, panthères des neiges.
Les singes dorés, les
takins, les rhinopithèques de Roxelane, les rats des bambous, les cerfs
musqués, les aigrettes, les mésanges, l'écureuil volant, les piverts, les
chats dorés, les sangliers sauvages, les porcs-épics ou encore le panda roux
et plus rarement des chacals, des loups ou des ours bruns fréquentent
également l'habitat du panda. En tout, ce sont environ 500 espèces d'animaux
qui partagent paisiblement le territoire du panda.
De nombreuses espèces
habitant au sommet des arbres servent de sentinelles en avertissant le panda
d'éventuelles dangers. Bondissant ou s'enfuyant au moindre bruit, surtout
humain, ils accroissent sa vigilance.

Panda roux et panthère
des neiges partagent l'habitat du panda. La panthère des neiges peut même se
révéler comme un prédateur, plus particulièrement lorsque la mère laisse
son bébé seul pour se nourrir.

Pika.

Rhinopithèque de
Roxelane, Pygathrix.
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